Baisse des taux : l’assurance de prêt immobilier va vous coûter plus cher que votre crédit !

Si le taux du crédit immobilier baisse, le montant de l’assurance emprunteur devient en parallèle plus élevé que le coût des intérêts du crédit. Quels sont les risques de ce mouvement de bascule ? Comment faire pour profiter de la baisse des taux sans payer trop cher son assurance de prêt ?

 

Les taux les plus bas des crédits immobiliers jamais atteints

 

Les taux d’intérêt des crédits immobiliers ne cessent de baisser. On croyait qu’ils avaient déjà atteint un niveau abyssal il y a quelques semaines, et les voilà qui continuent pourtant de diminuer, pour aller sous 1 %. Vos parents, acheteurs dans les années 60/70, doivent se dire qu’ils ont payé cher la maison dans laquelle vous avez grandi étant donné le montant du crédit à l’époque. Aujourd’hui, il est à son taux le plus bas jamais atteint. Et les choses pourraient encore « s’aggraver » dans les semaines qui viennent. Est-ce pour autant une bonne nouvelle ?

Premier effet pervers : avec les taux qui baissent de plus en plus, jusqu’à parvenir à des chiffres jamais atteints jusque-là, c’est tout le marché de l’immobilier qui est bousculé et les prix flambent.

Mais ce n’est pas tout, si les banques sont très offensives sur le taux de crédit que nous comparons tous, les prix de l’assurance des crédits immobiliers n’ont pratiquement pas baissé alors qu’il est notoire que son prix est très excessif.

Comme on peut le voir sur le graphique depuis décembre 2018 le coût moyen de l’assurance (en TAEA) dépasse celui du crédit. Et, les récentes baisses de taux ont encore aggravé le phénomène.

Quand l’assurance emprunteur devient plus chère que les intérêts du crédit immobilier

 

Lorsqu’un établissement bancaire vous accorde un crédit immobilier, il le fait à condition que vous preniez une assurance emprunteur. Celle-ci n’est pas obligatoire en soi, mais, sans elle, les banques refusent d’accorder des prêts, se protégeant ainsi d’un défaut de paiement de votre part en cas d’invalidité ou de décès. Vous n’avez donc pas le choix.

Elles vous proposent ainsi elles-mêmes une assurance que vous signez, logiquement, pour obtenir votre prêt. Or, avec les taux qui baissent de plus en plus, jusqu’à parvenir à des chiffres jamais atteints jusque-là, c’est tout le marché de l’immobilier qui est bousculé et les prix flambent. Car au cœur de votre crédit immobilier, votre assurance emprunteur devient un poids financier encore plus lourd à porter. Un véritable comble alors que les taux baissent et que tous les signaux sont au vert pour acheter ou faire construire !

Concrètement, pour un emprunt de 100 000 € sur 15 ans, selon les chiffres moyens des établissements bancaires :

- Pour une personne seule, passé 35 ans, le coût de l’assurance excède le coût du crédit et représente 51 % de l’opération.

- Pour un couple de 26 ans, avec un taux d’assurance de 0,26 % et une part assurée de 100 % chacun, le coût du crédit est de 6545,80 € et le coût de    l’assurance de 7800 €. L’assurance représente alors 54 % du coût total du prêt immobilier.

-Pour un couple de 36 ans, l’assurance peut représenter 64 % du coût du crédit

- Pour un prêt de 100 000 € dont les co-emprunteurs ont dépassé 45 ans le coût de l’assurance atteint 13 800 € soit près de 70 % du coût du crédit !

On pourra se reporter au tableau ci-dessous pour mieux comprendre le coût de l’assurance proposée par les banques.

 

Le taux bas du crédit immobilier : une mauvaise nouvelle pour les seniors emprunteurs

Pour les profils seniors, la baisse des taux des crédits immobiliers peut devenir une très mauvaise nouvelle. Ainsi, les profils seniors, à partir de 56 ans, voient la part de leur assurance de prêt s’envoler dans le coût de leur crédit. Plus grave encore, le coût de l’assurance fait basculer le coût total du crédit hors des limites du taux d’usure et bloque la mise en place du crédit.

Taux de crédit immobilier bas : changez d’assurance de prêt !

Si la baisse des taux semble être une bonne nouvelle, cela entraîne aussi, dans de nombreuses zones géographiques, une hausse des prix de l’immobilier et si vous y ajoutez la hausse mécanique de votre assurance emprunteur, vous devenez perdant !

Mais, n’oublions pas que changer d’assurance est devenu un droit. Comme les banques refusent de baisser leur prix, allez voir ailleurs. Vous avez 12 mois pour le faire à tout moment après la signature du prêt et si vous laissez passer la première année, le changement reste possible à chaque date anniversaire de l’offre de prêt.

D’ailleurs, certains l’ont bien compris comme Sophie de Nantes : « j’ai trouvé la maison de mes rêves, mon banquier m’a proposé un taux imbattable de 1,05 %, et comme me l’avait soufflé l’agence, j’ai changé d’assurance en ligne en trois clics le lendemain de la signature de la vente, ça m’a fait gagner 11 000 € »

De nombreuses solutions pour changer d’assurance existent, le changement est sans risque puisque les garanties doivent toujours être celles exigées par votre banque qui valide le changement. Deux critères sont à retenir pour votre choix : le prix, bien sûr, mais aussi la simplicité; exigez une prise en charge des formalités avec votre banque qui rendra souvent les choses difficiles.

Vous pouvez connaître le juste prix pour votre assurance ici

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